Comment sont calculés les intérêts du Livret A ?
Le Livret A est un produit d'épargne réglementée : son taux est fixé administrativement (et non par chaque banque), identique partout, et révisé en principe deux fois par an, en février et en août, selon une formule officielle qui tient compte de l'inflation et des taux interbancaires à court terme. Depuis le 1ᵉʳ février 2026, ce taux s'établit à 1,50 % net — « net » signifiant ici intégralement exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, un avantage fiscal propre aux produits d'épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP) qui ne se retrouve pas sur la plupart des autres supports.
Le calcul réel des intérêts obéit à une règle des quinzaines : un versement ne commence à produire des intérêts qu'à compter du 1ᵉʳ ou du 16 du mois suivant selon la date exacte du dépôt, et un retrait cesse d'en produire dès la quinzaine précédente. Cette règle, favorable à la banque en cas de mouvements fréquents sur le compte, ajoute une précision que ce simulateur ne reproduit pas : il retient une capitalisation mensuelle simplifiée, suffisamment proche du résultat réel pour une projection de plusieurs années, mais qui ne remplace pas un relevé bancaire exact.
Le plafond de versement, et ce qu'il ne limite pas
Le Livret A est plafonné à 22 950 € de versements cumulés par titulaire (76 500 € pour une association) : au-delà, votre banque refuse tout nouveau dépôt. Ce plafond porte cependant uniquement sur les sommes que vous versez vous-même — il ne limite pas les intérêts capitalisés chaque année, qui continuent de s'ajouter au solde même après que le plafond de versement a été atteint. Un Livret A ouvert depuis plusieurs années et arrivé à son plafond peut ainsi afficher un solde total supérieur à 22 950 €, uniquement grâce à l'accumulation des intérêts année après année — un cas parfaitement normal, souvent source de confusion pour les épargnants qui pensaient avoir atteint un plafond strict.
Ce simulateur applique cette même règle : une fois que vos dépôts cumulés (capital initial plus versements mensuels) atteignent 22 950 €, il arrête d'ajouter de nouveaux versements au calcul — y compris en cours de mois, si le montant restant avant le plafond est inférieur au versement mensuel prévu — tout en continuant à capitaliser les intérêts sur le solde total.
Un taux administré, pas un taux de marché
Contrairement au taux d'un compte à terme ou d'un fonds euros d'assurance-vie, celui du Livret A n'est pas négocié individuellement avec votre banque : il est identique dans tous les établissements (banques traditionnelles, banques en ligne, La Banque Postale) et fixé par le ministre de l'Économie, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, selon une formule qui combine l'inflation moyenne des six derniers mois et les taux interbancaires courts. Une partie des sommes collectées sur les Livrets A (centralisée par la Caisse des Dépôts et Consignations) finance historiquement la construction de logements sociaux et la politique de la ville, ce qui explique en partie le caractère administré de ce taux : au-delà du rendement pour l'épargnant, il conditionne aussi le coût de financement de ces politiques publiques.
Le LDDS (livret de développement durable et solidaire) fonctionne selon des règles quasiment identiques au Livret A — même taux, même exonération fiscale — mais avec un plafond de versement plus bas (12 000 €) et une orientation d'une partie des fonds collectés vers le financement de la transition énergétique et de l'économie sociale et solidaire. Un même épargnant peut cumuler un Livret A et un LDDS, portant son plafond total de versements réglementés à 34 950 €, avant de devoir se tourner vers d'autres supports pour aller plus loin.
Livret A ou autre support : un arbitrage entre sécurité et rendement
Le Livret A combine trois atouts rares réunis sur un même support : capital garanti (aucun risque de perte), disponibilité totale (retrait possible à tout moment, sans pénalité ni préavis), et fiscalité nulle. En contrepartie, son taux administré reste structurellement modeste comparé au rendement espéré d'un placement plus risqué sur longue durée (actions, ETF, immobilier) — voir le calculateur d'intérêts composés pour comparer différentes hypothèses de taux sur un support non plafonné et non garanti. Le Livret A reste, pour cette raison, avant tout recommandé comme épargne de précaution (l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes), plutôt que comme véhicule principal d'un projet de long terme.
Exemple concret : pour un capital déjà placé de 5 000 € et un versement mensuel de 100 €, au taux actuel de 1,50 %, sur 5 ans, le total des dépôts cumulés atteint 17 000 €, pour un capital final d'environ 17 843 € — soit environ 843 € d'intérêts, entièrement exonérés d'impôt.
Sources : taux et plafond 2026 recoupés sur plusieurs portails spécialisés en épargne réglementée (legifiscal.fr, abe-infoservice.fr, tantiem.com), confirmés par un communiqué officiel identifié (presse.economie.gouv.fr) — juillet 2026, economie.gouv.fr bloquant l'accès automatisé direct. Détail dans src/data/baremes-livret-a-2026.ts.
Questions fréquentes
Oui, potentiellement dès le 1er août 2026 : le taux du Livret A est révisé deux fois par an (février et août) selon une formule officielle liée à l'inflation et aux taux interbancaires. Les estimations des professionnels de l'épargne évoquent une hausse entre 1,70 % et 1,80 %, mais le taux exact n'était pas encore officiellement publié à la mi-juillet 2026. Ce simulateur pré-remplit le taux officiel en vigueur (1,50 % depuis le 1er février 2026), personnalisable si vous souhaitez anticiper la révision d'août.
Le plafond de 22 950 € s'applique uniquement au cumul des versements que vous effectuez : votre banque bloque tout nouveau dépôt au-delà de ce montant. En revanche, les intérêts capitalisés chaque année peuvent légalement faire dépasser le solde total du Livret A au-delà de ce plafond — c'est un cas parfaitement normal et légal, pas une erreur.
Oui, intégralement : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux (CSG-CRDS) ne s'appliquent aux intérêts du Livret A, contrairement à la plupart des autres supports d'épargne (assurance-vie, PEA, compte-titres). C'est l'un des principaux atouts du Livret A, avec sa liquidité totale (retrait possible à tout moment sans pénalité), en contrepartie d'un taux généralement plus faible qu'un support risqué sur longue durée.
Le calcul réel des intérêts du Livret A obéit à la règle des quinzaines : un versement ne commence à produire des intérêts qu'à partir du 1ᵉʳ ou du 16 du mois suivant (selon la date exacte du dépôt), et un retrait cesse d'en produire dès la quinzaine précédente. Ce mécanisme, favorable à la banque en cas de mouvements fréquents, est trop fin pour une projection de long terme : ce simulateur utilise une capitalisation mensuelle simplifiée, qui donne une estimation très proche sur plusieurs années mais ne reproduit pas exactement un relevé bancaire au centime près.
Un seul par personne (hors comptes joints, chaque titulaire ayant son propre Livret A). Un couple peut donc détenir deux Livrets A distincts, chacun plafonné à 22 950 € de versements, soit 45 900 € cumulés pour le foyer.
Le Livret A est avant tout un outil d'épargne de précaution (disponibilité immédiate, capital garanti), pas un placement de croissance : son taux, fixé administrativement, suit approximativement l'inflation sans chercher à la dépasser durablement. Pour un objectif de long terme (plus de 5-8 ans) avec une tolérance au risque, d'autres supports (assurance-vie en unités de compte, PEA, PER) offrent un potentiel de rendement supérieur, au prix d'un risque de perte en capital — voir le calculateur d'intérêts composés pour comparer différentes hypothèses de taux.