Comment le salaire brut devient-il un salaire net en 2026 ?
Le salaire brut inscrit sur un contrat de travail n'est pas la somme réellement versée au salarié : avant d'atteindre le compte bancaire, il est amputé des cotisations salariales, qui financent la protection sociale (retraite de base, retraite complémentaire) et la CSG-CRDS. Ces prélèvements sont distincts des cotisations patronales, bien plus lourdes, que l'employeur seul supporte en plus du brut (voir le calculateur de coût employeur pour cet autre versant). Ce simulateur calcule uniquement la part salariale, celle qui détermine le montant qui apparaît en bas de la fiche de paie sous « net à payer avant impôt ».
Les cotisations salariales se répartissent en trois grandes familles : l'assurance vieillesse du régime général (retraite de base), la retraite complémentaire Agirc-Arrco (incluant les contributions d'équilibre général et technique, CEG et CET), et la CSG-CRDS, prélèvement social calculé sur une assiette légèrement réduite (98,25 % du brut). Le statut du salarié influence surtout la CSG et les cotisations retraite complémentaire selon que le brut dépasse ou non le plafond de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 4 005 € par mois en 2026.
Cadre ou non-cadre : un écart plus faible qu'on ne le pense
Contrairement à une idée reçue encore répandue, le statut cadre n'entraîne plus d'écart significatif de cotisations salariales par rapport à un non-cadre. Depuis la fusion des régimes Agirc (cadres) et Arrco (non-cadres) au 1ᵉʳ janvier 2019, les deux statuts cotisent aux mêmes taux de retraite complémentaire, sur les mêmes tranches. La seule différence salariale restante est la cotisation Apec (association pour l'emploi des cadres), au taux de 0,024 % du brut, plafonnée à 4 PASS — un montant de l'ordre de 0,70 € à 1 € par mois pour un salaire cadre courant. La cotisation de prévoyance obligatoire des cadres (1,5 % de la tranche 1) existe bien, mais elle est intégralement financée par l'employeur : elle n'apparaît pas dans le calcul du net. L'écart de net perçu entre cadre et non-cadre vient donc surtout, en pratique, du niveau de salaire brut lui-même — les postes cadres franchissant plus souvent le PASS, où la structure des cotisations change.
Ce basculement au-dessus du PASS produit un effet parfois contre-intuitif : le taux global de cotisations peut légèrement diminuer juste au-dessus du plafond, avant de se stabiliser. En cause, la cotisation vieillesse plafonnée (6,9 %), qui ne porte que sur la tranche 1 (jusqu'au PASS) : au-delà, son montant en euros n'augmente plus, alors que le brut total continue de croître, ce qui réduit son poids relatif. La hausse du taux de retraite complémentaire sur la tranche 2 (8,64 % contre 3,15 % en tranche 1) compense cet effet en valeur absolue, mais pas toujours suffisamment pour maintenir le taux global constant en pourcentage.
Apprentis et portage salarial : deux régimes à part
Les apprentis bénéficient d'un régime dérogatoire : la part de leur rémunération qui n'excède pas 50 % du Smic (933,51 € par mois en 2026, depuis la revalorisation du 1ᵉʳ juin) est totalement exonérée de cotisations salariales et de CSG-CRDS. Au-delà de ce seuil, les cotisations de droit commun s'appliquent sur la seule part excédentaire. Ce seuil a été abaissé par une réforme entrée en vigueur le 1ᵉʳ mars 2025 : il était auparavant fixé à 79 % du Smic, un niveau nettement plus favorable que conservent les contrats d'apprentissage signés avant cette date.
Le portage salarial suit, lui, exactement les cotisations d'un salarié cadre : un consultant porté est affilié au régime Agirc-Arrco cadre par la société de portage qui l'emploie. La spécificité du portage se situe en amont de ce calculateur : avant même de calculer un salaire brut, la société de portage prélève des frais de gestion sur le chiffre d'affaires facturé au client (généralement entre 5 % et 10 %, dégressifs selon le volume d'affaires), ainsi que les cotisations patronales. Ce simulateur part directement d'un salaire brut déjà déterminé : pour convertir un chiffre d'affaires en salaire net en portage, un calcul intermédiaire distinct est nécessaire.
Exemple concret : pour un salaire brut mensuel de 3 000 € en statut non-cadre, sous le PASS, les cotisations salariales s'élèvent à environ 625 € (vieillesse 219 €, retraite complémentaire 120 €, CSG-CRDS 286 €), pour un net avant impôt d'environ 2 375 €, soit un taux global de prélèvement proche de 20,8 %. Le même brut en statut cadre donnerait un net inférieur d'environ 0,72 € seulement (cotisation Apec), la différence étant négligeable à ce niveau de salaire.
Sources : taux de cotisations salariales, plafond de la Sécurité sociale et seuil d'exonération apprenti 2026 recoupés sur plusieurs cabinets de paie et portails spécialisés (bulletin-paie.com, legisocial.fr, travail-industrie.com, payfit.com), avec confirmation croisée par les séries statistiques publiques de l'Insee pour la retraite complémentaire, la CSG-CRDS et l'Apec — juillet 2026. Détail et liens dans src/data/baremes-salaire-2026.ts.
Questions fréquentes
Depuis la fusion des régimes Agirc et Arrco en 2019, les taux de retraite complémentaire sont identiques pour les cadres et les non-cadres. La seule différence de cotisation salariale restante est l'Apec (0,024 % du brut, plafonné à 4 PASS), réservée aux cadres — un écart minime. La cotisation de prévoyance obligatoire des cadres (1,5 % de la tranche 1), elle, est intégralement à la charge de l'employeur et n'affecte donc pas le net.
C'est un effet réel, pas une erreur de calcul : la cotisation vieillesse plafonnée (6,9 %) ne porte que sur la tranche 1, c'est-à-dire jusqu'au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). Au-delà, cette cotisation cesse de croître en valeur alors que le salaire, lui, continue d'augmenter : rapporté au brut total, son poids diminue. La hausse du taux de retraite complémentaire sur la tranche 2 (8,64 % contre 3,15 % en tranche 1) ne suffit pas toujours à compenser cet effet, en particulier juste au-dessus du plafond.
Non. Le résultat affiché est le salaire net avant impôt (« net imposable » incluant la CSG non déductible et la CRDS, mais avant prélèvement à la source). L'impôt sur le revenu dépend de votre foyer fiscal dans son ensemble et n'est pas calculé ici.
Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, la part de la rémunération d'un apprenti qui n'excède pas 50 % du Smic (933,51 € par mois en 2026, depuis la revalorisation du 1ᵉʳ juin) est totalement exonérée de cotisations salariales et de CSG-CRDS. Seule la part au-delà de ce seuil est soumise aux cotisations de droit commun. Avant cette réforme, le seuil d'exonération était fixé à 79 % du Smic : les contrats conclus avant le 1ᵉʳ mars 2025 continuent d'en bénéficier.
Oui, sur le plan des cotisations sociales salariales : un salarié porté est affilié au régime Agirc-Arrco cadre. La spécificité du portage salarial se situe en amont du salaire brut : la société de portage prélève des frais de gestion (généralement 5 à 10 % du chiffre d'affaires facturé au client) avant même de calculer le salaire brut. Ce calculateur part directement du brut : il ne modélise pas ces frais de gestion.
Ce calculateur applique les taux nationaux de droit commun du régime général. Votre fiche de paie réelle peut différer légèrement selon votre convention collective (mutuelle obligatoire, prévoyance spécifique, réductions Fillon si vous êtes proche du Smic — voir le calculateur de coût employeur), votre lieu de travail (taux Alsace-Moselle) ou des avantages en nature. Utilisez ce résultat comme une estimation, pas comme un document de paie.
La CSG et la CRDS bénéficient d'un abattement forfaitaire de 1,75 % pour frais professionnels, dans la limite de 4 plafonds de la Sécurité sociale (16 020 € par mois en 2026) : leur assiette est donc 98,25 % du salaire brut, et non sa totalité. Au-delà de ce seuil de rémunération, l'abattement ne s'applique plus et la CSG-CRDS est calculée sur 100 % de la part excédentaire — un cas rare que ce calculateur ne modélise pas séparément.