Comment se calcule le coût employeur en 2026 ?
Le coût employeur (ou « coût chargé ») d'un salarié dépasse largement le salaire brut inscrit sur son contrat de travail : il faut y ajouter l'ensemble des cotisations patronales, calculées sur ce même brut, qui financent la protection sociale collective (maladie, retraite, chômage), le logement social (FNAL), la formation professionnelle et divers dispositifs de solidarité. Avant toute réduction, ces cotisations patronales représentent en moyenne 40 % à 45 % du salaire brut pour un poste non-cadre dans une entreprise de moins de 50 salariés. Ce calculateur additionne chaque ligne de cotisation patronale nationale 2026, puis applique la réduction générale dégressive unique (RGDU) pour obtenir le coût réellement supporté par l'employeur.
Deux composantes n'ont volontairement pas de taux national fixé dans ce calculateur : le taux AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles), propre à chaque établissement selon son secteur d'activité et sa sinistralité réelle (notifié chaque année par la Carsat), et le versement mobilité, fixé localement par chaque autorité organisatrice de la mobilité. Contrairement aux autres taux de ce site, ce sont des données à récupérer auprès de votre Urssaf ou de votre Carsat, pas des barèmes nationaux uniformes.
La RGDU 2026 : une réforme qui étend la réduction, mais l'adoucit
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la réduction générale dégressive unique (RGDU) remplace l'ancienne réduction Fillon et absorbe les anciens taux réduits de cotisation maladie (7 % au lieu de 13 % sous 2,5 Smic) et d'allocations familiales (3,45 % au lieu de 5,25 % sous 3,5 Smic), tous deux supprimés : les taux pleins s'appliquent désormais uniformément, la totalité de l'allègement étant reportée dans une formule unique. En contrepartie, le point de sortie de la réduction passe de 1,6 Smic à 3 Smic : des salaires bien plus élevés qu'auparavant bénéficient désormais d'un allègement, même si celui-ci décroît plus progressivement.
Le coefficient de réduction est maximal au niveau du Smic (environ 40 % des cotisations patronales concernées) et décroît selon une formule non linéaire jusqu'à s'annuler à 3 Smic. Un décret du 12 juin 2026 a par ailleurs figé, pour la seule année 2026, la valeur du Smic utilisée dans cette formule à son niveau du 1ᵉʳ janvier (12,02 €/h), indépendamment de la revalorisation du Smic réel intervenue au 1ᵉʳ juin 2026 — une précision technique qui évite que cette revalorisation en cours d'année ne modifie automatiquement le niveau de réduction sur des salaires inchangés.
Petite ou grande entreprise : des paramètres qui changent le résultat
Deux seuils d'effectif influencent directement le montant des cotisations patronales, indépendamment du niveau de salaire. Le FNAL (fonds national d'aide au logement) passe de 0,10 % à 0,50 % du brut dès que l'entreprise atteint 50 salariés — une multiplication par cinq de cette ligne précise. La contribution à la formation professionnelle continue, elle, bascule de 0,55 % à 1 % du brut au seuil de 11 salariés. Ces deux seuils ne sont pas alignés : une entreprise de 20 salariés paie donc le FNAL réduit (moins de 50 salariés) mais la contribution formation au taux plein (11 salariés et plus), ce que ce calculateur reproduit avec son sélecteur d'effectif à trois niveaux plutôt qu'un simple interrupteur binaire.
L'effectif influence également, plus discrètement, le paramètre Tdelta de la formule RGDU elle-même (0,3781 sous 50 salariés, 0,3821 au-delà, cet écart reflétant le taux de FNAL applicable) : à salaire égal, une grande entreprise bénéficie donc d'un coefficient de réduction maximal légèrement supérieur à celui d'une petite structure, bien que cet écart reste marginal comparé à l'effet du niveau de salaire lui-même sur le montant de la réduction.
Ce que ce calculateur ne modélise pas
Au-delà de l'AT/MP et du versement mobilité déjà mentionnés, ce calculateur ne modélise pas les cotisations de prévoyance et de mutuelle patronales (souvent obligatoires selon la convention collective, mais sans taux national unique), ni les dispositifs d'exonération territoriaux ou sectoriels spécifiques (zones France Ruralités Revitalisation, jeunes entreprises innovantes, emplois francs). Le résultat obtenu est donc une estimation construite à partir des seuls taux nationaux 2026, utile pour comparer des scénarios de salaire ou de taille d'entreprise, mais à affiner avec votre expert-comptable pour un chiffrage définitif.
Exemple concret : pour un salarié non-cadre payé 2 500 € brut par mois, dans une entreprise de moins de 50 salariés, avec un taux AT/MP de 2,02 % et sans versement mobilité, les cotisations patronales avant réduction s'élèvent à environ 1 072 € par mois. La RGDU, avec un coefficient d'environ 0,17 à ce niveau de salaire (un peu au-dessus du Smic), réduit ces cotisations d'environ 430 €, ramenant le coût employeur mensuel total à environ 3 142 € — soit un ratio coût réel sur brut proche de 1,26, contre 1,43 sans aucune réduction.
Sources : taux de cotisations patronales et paramètres de la RGDU 2026 recoupés sur plusieurs cabinets de paie et portails spécialisés (bulletin-paie.com, legisocial.fr, fiche-paie.fr, l-expert-comptable.com) — juillet 2026, urssaf.fr et economie.gouv.fr bloquant l'accès automatisé. Détail dans src/data/baremes-cout-employeur-2026.ts.
Questions fréquentes
La réduction générale dégressive unique (RGDU) est le nouveau dispositif d'allègement des cotisations patronales en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle fusionne l'ancienne réduction Fillon (plafonnée à 1,6 Smic) avec les anciens taux réduits de cotisation maladie et d'allocations familiales, désormais supprimés — ces derniers s'appliquaient auparavant sous respectivement 2,5 et 3,5 Smic. En contrepartie de cette fusion, le point de sortie de la réduction passe de 1,6 à 3 Smic : davantage de salaires bénéficient d'un allègement, mais chacun est en moyenne plus dégressif qu'auparavant.
C'est une règle explicite d'un décret du 12 juin 2026 : pour la seule année 2026, la valeur du Smic retenue dans la formule de la RGDU reste figée à celle du 1ᵉʳ janvier 2026 (12,02 €/h, soit 21 876,40 € par an), même si le Smic réel a été revalorisé au 1ᵉʳ juin 2026. Ce gel évite que la revalorisation du Smic en cours d'année ne modifie automatiquement le niveau de réduction dont bénéficient les employeurs sur des salaires inchangés.
Parce qu'aucun des deux n'est un taux national fixe. Le taux AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles) est propre à chaque entreprise : il dépend du secteur d'activité et de la sinistralité réelle de l'établissement, avec des écarts importants (de moins de 1 % pour un bureau d'études à plusieurs points de pourcentage pour le BTP ou l'industrie lourde). Le versement mobilité, lui, est fixé par chaque autorité organisatrice de la mobilité (agglomération, métropole) et varie de 0 % à environ 3 % selon la commune d'implantation de l'entreprise. Contrairement aux autres taux de ce calculateur, ce sont des données propres à votre situation, pas des barèmes nationaux à vérifier.
La seule différence patronale liée au statut cadre modélisée ici est la cotisation Apec (0,036 % du brut, plafonné à 4 PASS) — un montant très faible. La prévoyance obligatoire des cadres (1,5 % de la tranche 1, à la charge de l'employeur) existe également mais n'est pas incluse dans ce calculateur, faute de taux national unique (elle dépend de la convention collective et du contrat de prévoyance souscrit par l'entreprise).
Non, c'est une estimation construite à partir des taux nationaux 2026. Votre coût réel peut différer selon votre convention collective (cotisations de prévoyance et de mutuelle patronales, souvent obligatoires et variables), votre secteur d'activité (taux AT/MP réel), votre commune d'implantation (versement mobilité réel), et d'éventuelles autres exonérations spécifiques (zones France Ruralités Revitalisation, jeunes entreprises innovantes, etc.) non modélisées ici.
C'est l'effet recherché de la RGDU : au niveau du Smic, la réduction atteint son maximum (environ 40 % des cotisations patronales concernées), ce qui abaisse fortement le taux de charges effectif. Ce taux augmente ensuite progressivement à mesure que le salaire s'éloigne du Smic, la réduction diminuant, jusqu'à disparaître entièrement à partir de 3 Smic (environ 5 470 € brut mensuel en 2026, sur la base du Smic gelé utilisé pour ce calcul).