Comment calculer son TJM en 2026 ?
Le taux journalier moyen (TJM) est le prix facturé par un indépendant pour une journée de travail. Contrairement à un salaire, il ne se limite pas à couvrir le temps effectivement travaillé chez un client : il doit aussi financer les périodes non facturées (congés, prospection commerciale, formation, tâches administratives) et l'ensemble des prélèvements sociaux du régime micro-entreprise. La formule de base est simple : TJM = chiffre d'affaires annuel nécessaire ÷ nombre de jours réellement facturés dans l'année. Ce simulateur l'applique dans les deux sens : à partir d'un revenu net visé, il calcule le TJM à facturer ; à partir d'un TJM connu (par exemple une offre de mission), il calcule le revenu net équivalent.
Le chiffre d'affaires annuel nécessaire pour atteindre un revenu net donné n'est pas simplement le revenu net divisé par le nombre de jours : il faut d'abord « regonfler » ce revenu net pour compenser les cotisations sociales, la contribution à la formation professionnelle (CFP) et, le cas échéant, la taxe de chambre consulaire et le versement libératoire — tous proportionnels au chiffre d'affaires encaissé. Ce simulateur réutilise exactement les mêmes taux 2026 que le calculateur de cotisations URSSAF pour ce calcul : consultez-le pour le détail des taux par activité.
Le piège des 218 jours facturables
218 jours par an est le repère le plus souvent cité pour estimer un TJM : c'est le nombre de jours ouvrés d'une année pleine, une fois retirés les 104 jours de week-end et les jours fériés. Le problème, c'est que ce chiffre suppose une activité à 100 % de son temps disponible, sans aucune journée non facturée — un cas rare en pratique. La plupart des indépendants facturent en réalité entre 130 et 180 jours par an une fois déduits les congés, les journées sans mission entre deux contrats, la prospection commerciale et la gestion administrative de l'activité. Un freelance débutant, en particulier, gagne à retenir une hypothèse prudente (130 à 140 jours facturés la première année) plutôt que les 218 jours théoriques, sous peine de sous-évaluer largement son TJM cible et de se retrouver, une fois les vrais jours non facturés déduits, avec un revenu net très inférieur à celui visé.
C'est pourquoi ce simulateur sépare volontairement les « jours ouvrés par an » (le plafond théorique, 218 par défaut) des « jours de congés / indisponibilité » que vous renseignez vous-même : le nombre de jours réellement facturés est la différence entre les deux, affichée en temps réel sous le champ correspondant. Plus votre estimation des jours non facturés est réaliste, plus le TJM calculé le sera aussi.
TJM et revenu net : deux sens de calcul, une même formule
En mode « Revenu net → TJM », vous indiquez le revenu net mensuel ou annuel que vous souhaitez atteindre après cotisations sociales (mais avant impôt sur le revenu) : le simulateur calcule le chiffre d'affaires annuel nécessaire, puis le divise par vos jours facturés pour obtenir le TJM à demander. En mode « TJM → Revenu net », vous partez au contraire d'un taux journalier connu — par exemple celui que vous propose un client — et le simulateur calcule le revenu net mensuel et annuel que vous obtiendriez réellement, une fois vos jours facturés et vos cotisations appliqués. Ce second mode est particulièrement utile pour comparer deux offres de mission à TJM différents mais à disponibilité différente également : un TJM plus élevé sur moins de jours disponibles ne se traduit pas toujours par un revenu net supérieur.
Exemple concret : pour viser un revenu net de 4 000 € par mois (48 000 € par an) en prestations de services BNC hors Cipav, avec 193 jours facturés (218 jours ouvrés moins 25 jours de congés) et sans ACRE ni versement libératoire, le taux global de prélèvements est de 25,8 % (25,6 % de cotisations + 0,2 % de CFP). Le chiffre d'affaires annuel nécessaire est donc d'environ 64 690 € (48 000 € ÷ (1 − 0,258)), soit un TJM d'environ 335 €. Le même objectif de revenu net, pour une activité de vente de marchandises (taux global 12,415 %), ne nécessiterait qu'un TJM d'environ 291 € pour le même nombre de jours facturés — l'écart illustre à quel point le taux de charges de votre activité pèse sur le TJM à facturer, à revenu net visé identique.
Sources : taux de cotisations, CFP et plafonds micro-entreprise 2026 réutilisés depuissrc/data/baremes-2026.ts (voir le calculateur de cotisations URSSAF pour le détail et les sources officielles) ; convention des 218 jours ouvrés et fourchette réaliste de jours facturés recoupées auprès de plusieurs cabinets d'expertise-comptable et portails spécialisés freelance (l-expert-comptable.com, produscale.com), juillet 2026 — il ne s'agit pas d'un barème officiel mais d'une convention de place, à ajuster selon votre propre activité.
Questions fréquentes
Si, pour un TJM cible. 218 jours correspond à une année pleine sans aucune indisponibilité (365 jours moins week-ends et jours fériés) : c'est un plafond théorique, pas un objectif de facturation. En pratique, un freelance facture souvent 130 à 180 jours par an une fois les congés, la prospection commerciale et l'administratif déduits — c'est justement le rôle du champ « Jours de congés / indisponibilité » de ce simulateur : ajustez-le à la baisse (au-delà des seuls congés payés) pour obtenir un TJM réaliste plutôt qu'optimiste.
Parce que le taux de cotisations sociales et de CFP varie fortement selon la catégorie d'activité (de 12,3 % pour la vente à 25,6 % pour les prestations de services BNC hors Cipav — voir le calculateur de cotisations URSSAF). Pour un même revenu net visé, une activité BNC doit donc facturer un TJM sensiblement plus élevé qu'une activité de vente pour compenser des charges plus lourdes.
Non. Le revenu net calculé ici est le revenu net avant impôt sur le revenu (après cotisations sociales, CFP, taxe de chambre consulaire et versement libératoire le cas échéant). L'impôt sur le revenu proprement dit dépend de votre foyer fiscal dans son ensemble (autres revenus, parts, autres abattements) et n'est pas modélisé.
Non, ce simulateur part du chiffre d'affaires encaissé et ne déduit que les prélèvements du régime micro-social. Si vous avez des charges professionnelles significatives (assurance RC pro, logiciels, coworking, matériel), ajoutez-les à votre revenu net visé avant de lancer le calcul : elles ne sont pas déductibles du CA en micro-entreprise, elles s'imputent sur ce qu'il vous reste après cotisations.
L'ACRE réduit le taux de cotisations sociales (de 50 % ou 25 % selon votre date de début d'activité — voir le décret du 6 février 2026) et exonère la taxe de chambre consulaire la première année. À revenu net visé identique, le TJM requis est donc mécaniquement plus bas pendant cette période. Gardez en tête que ce taux réduit ne dure qu'un temps limité : anticipez la hausse de votre TJM cible (ou de votre CA) une fois l'ACRE expirée.
Ce simulateur vous alerte si le chiffre d'affaires annuel nécessaire pour atteindre votre revenu net visé dépasse le plafond du régime micro-entreprise de votre activité (203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les prestations de services). Au-delà, il faut soit revoir votre revenu net visé à la baisse, soit envisager une sortie du régime micro vers une société — voir le comparateur micro vs société.
À comparer plusieurs offres de mission. Si un client vous propose 450 €/jour et un autre 500 €/jour avec moins de jours disponibles, ce mode vous permet de convertir chaque proposition en revenu net équivalent, jours facturés compris, pour comparer ce qui restera réellement dans votre poche plutôt que le seul taux affiché.