Comment fonctionne l'ACRE en 2026 ?
L'ACRE (aide à la création ou reprise d'entreprise) permet à un auto-entrepreneur éligible de bénéficier d'un taux de cotisations sociales réduit pendant sa première période d'activité, jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant le début de cette activité — une durée qui varie donc, selon le mois exact de création, entre environ 9 et 12 mois. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, mise en œuvre par un décret du 6 février 2026, a révisé ce dispositif à la baisse par rapport aux années précédentes et recentré son accès sur un public plus ciblé : demandeurs d'emploi indemnisés ou inscrits depuis au moins 6 mois sur les 18 derniers mois, bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, jeunes de 18 à 25 ans, notamment.
Le taux d'exonération dépend désormais uniquement de la date de début d'activité : 50 % de réduction du taux normal de cotisations sociales pour les activités créées avant le 1ᵉʳ juillet 2026, contre seulement 25 % pour celles créées à partir de cette date. Ce simulateur applique automatiquement le bon taux selon la date que vous renseignez, et calcule la comparaison chiffrée entre vos cotisations avec et sans ACRE, sur la base des taux de cotisations 2026 par activité (voir le calculateur de cotisations URSSAF pour le détail de ces taux).
Ce que l'ACRE réduit, et ce qu'elle ne réduit pas
L'ACRE ne s'applique qu'aux cotisations sociales proprement dites (assurance maladie-maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS) : elle laisse inchangée la contribution à la formation professionnelle (CFP), due au taux normal quelle que soit votre situation. En revanche, la taxe pour frais de chambre consulaire (CCI ou CMA) est exonérée la première année d'activité, indépendamment du bénéfice de l'ACRE — un point que ce simulateur, comme le calculateur de cotisations URSSAF, associe par simplification à l'option ACRE, cette dernière couvrant en pratique la même première année.
Un délai strict encadre la demande : elle doit être déposée dans les 60 jours suivant le début d'activité, faute de quoi le bénéfice du dispositif est définitivement perdu, sans possibilité de régularisation ultérieure. Ce simulateur calcule et affiche cette date limite dès que vous renseignez votre date de début d'activité, pour vous permettre d'anticiper cette échéance administrative souvent sous-estimée.
Un dispositif resserré par la réforme 2026
Avant la réforme entrée en vigueur avec le décret du 6 février 2026, l'ACRE offrait une exonération de 50 % quelle que soit la date de début d'activité, et son public éligible était plus large. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a poursuivi deux objectifs distincts : réduire le coût du dispositif pour les finances publiques, et recentrer son bénéfice sur les publics jugés prioritaires pour l'aide à la création d'entreprise (demandeurs d'emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes). Concrètement, cela se traduit par un double resserrement : un taux d'exonération divisé par deux pour les créations postérieures au 1ᵉʳ juillet 2026, et des critères d'éligibilité plus stricts qu'auparavant.
Pour un créateur d'entreprise hésitant entre démarrer son activité avant ou après le 1ᵉʳ juillet 2026, l'écart de taux (50 % contre 25 %) représente un enjeu financier direct et immédiat, potentiellement décisif pour la trésorerie des premiers mois d'activité — d'où l'intérêt de simuler les deux scénarios avec ce calculateur avant de fixer une date de début d'activité, lorsque le calendrier le permet.
Vérifier son éligibilité avant de compter sur l'ACRE
Contrairement aux taux de cotisations, l'éligibilité à l'ACRE ne se déduit pas d'un simple calcul : elle dépend de votre situation administrative personnelle au moment du dépôt de votre demande — statut de demandeur d'emploi, quotité de droits à l'allocation chômage, bénéfice du RSA ou de l'ASS, âge, localisation du projet en quartier prioritaire de la politique de la ville, entre autres critères. Ce simulateur part du principe que vous êtes éligible, pour vous permettre d'estimer l'impact financier du dispositif ; la liste de critères ci-dessus n'est qu'un point de départ pour vérifier votre situation, à confirmer ensuite auprès de l'Urssaf lors du dépôt effectif de votre demande.
Exemple concret : pour un chiffre d'affaires mensuel de 2 500 € en prestations de services BNC (taux normal 25,6 %), une activité créée avant le 1ᵉʳ juillet 2026 bénéficie d'un taux ACRE de 12,8 % (25,6 % × 50 %), ramenant les cotisations sociales mensuelles de 640 € à 320 € — soit une économie de 320 € par mois. La même activité créée après le 1ᵉʳ juillet 2026 ne bénéficierait que d'un taux de 19,2 % (25,6 % × 75 %), pour une économie mensuelle réduite à 160 €.
Sources : décret ACRE du 6 février 2026 (LFSS 2026), recoupé sur urssaf.fr, legifiscal.fr et service-public.fr — voir src/data/baremes-2026.ts pour le détail des sources et du calcul du taux ACRE. Liste des critères d'éligibilité recoupée sur service-public.fr et autoentrepreneur.urssaf.fr, juillet 2026.
Questions fréquentes
Non, et aucun calculateur automatique ne le peut réellement : l'éligibilité dépend de votre situation administrative personnelle (statut de demandeur d'emploi, quotité de droits, bénéfice de certaines allocations…), vérifiable uniquement par l'Urssaf lors du dépôt de votre demande. Ce simulateur part du principe que vous êtes éligible et calcule l'impact du taux réduit sur vos cotisations ; utilisez la liste de critères ci-dessus comme point de départ, puis confirmez votre situation auprès de l'Urssaf.
C'est une règle explicite du décret du 6 février 2026 : le taux applicable (50 % ou 25 % d'exonération) est déterminé par la date à laquelle vous avez commencé votre activité, pas par la date à laquelle vous déposez votre dossier. Une activité créée le 20 juin 2026 bénéficie donc du taux de 50 %, même si la demande d'ACRE est déposée en juillet, tant qu'elle reste dans le délai légal de 60 jours.
Le bénéfice de l'ACRE est alors définitivement perdu pour cette activité : il n'existe pas de régularisation rétroactive au-delà de ce délai. C'est pourquoi ce calculateur affiche systématiquement la date limite de dépôt calculée à partir de votre date de début d'activité, pour vous permettre d'anticiper cette échéance.
Non. L'ACRE ne porte que sur les cotisations sociales (maladie, retraite, famille…) : elle n'a aucun effet sur l'impôt sur le revenu, qu'il soit calculé au barème progressif ou via le versement libératoire. Elle n'affecte pas non plus la contribution à la formation professionnelle (CFP), qui reste due au taux normal.
Elle s'applique jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant le mois de votre début d'activité — une durée qui, selon le mois exact de création, varie entre environ 9 et 12 mois, et non une année civile pleine et uniforme.
Oui, ces deux dispositifs sont indépendants et cumulables. Ce calculateur permet d'ailleurs de visualiser l'effet de l'ACRE avec ou sans versement libératoire activé — voir le calculateur de cotisations URSSAF pour une simulation complète intégrant cette option.