Le barème progressif de l'impôt sur le revenu en 2026
L'impôt sur le revenu français est calculé par tranches : votre quotient familial (revenu imposable divisé par le nombre de parts fiscales de votre foyer) est découpé en tranches successives, chacune taxée à son propre taux. Seule la fraction du quotient qui dépasse le seuil d'une tranche est imposée au taux de cette tranche — jamais l'intégralité du revenu. Le barème 2026, applicable aux revenus perçus en 2025, comporte cinq tranches : 0 % jusqu'à 11 600 €,11 % jusqu'à 29 579 €,30 % jusqu'à 84 577 €,41 % jusqu'à 181 917 €, et45 % au-delà.
Le quotient familial : diviser pour mieux calculer
Le nombre de parts fiscales dépend de votre situation familiale : 1 part pour une personne seule, 2 parts pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, puis 0,5 part supplémentaire pour chacun des deux premiers enfants à charge, et 1 part entière pour chaque enfant à partir du troisième. L'impôt est calculé sur le quotient (revenu ÷ parts), puis multiplié par le nombre de parts pour obtenir l'impôt du foyer : ce mécanisme atténue la progressivité du barème pour les familles nombreuses, puisqu'un même revenu total, réparti sur davantage de parts, produit un quotient plus faible et donc un taux moyen d'imposition plus bas.
Cet avantage n'est toutefois pas illimité : l'économie d'impôt procurée par chaque demi-part liée aux enfants est plafonnée à 1807 € en 2026 (le double pour une part entière, à partir du troisième enfant). Au-delà de ce plafond, l'avantage du quotient familial est recalculé pour ne pas dépasser ce montant maximal — un mécanisme qui concerne surtout les foyers aux revenus élevés.
La décote : un coup de pouce pour les foyers faiblement imposés
Une fois l'impôt calculé par tranches (et après plafonnement éventuel du quotient familial), un deuxième mécanisme peut encore le réduire : la décote. Elle s'applique automatiquement, sans démarche, aux foyers dont l'impôt ainsi obtenu reste inférieur à un certain seuil (différent pour un célibataire et pour un couple), et diminue d'autant l'impôt final dû — jusqu'à l'annuler complètement pour les revenus les plus modestes situés juste au-dessus du seuil d'entrée dans l'impôt.
Taux moyen et taux marginal : deux indicateurs à ne pas confondre
Le taux marginal d'imposition (TMI) est le taux de la tranche dans laquelle se situe votre quotient familial : c'est le taux auquel serait imposé un euro de revenu supplémentaire (utile pour évaluer l'intérêt fiscal d'un versement sur un plan épargne retraite, par exemple). Le taux moyen d'imposition, lui, rapporte l'impôt réellement dû à l'ensemble du revenu imposable : il est toujours inférieur au TMI, puisque les tranches inférieures du barème restent taxées à leur propre taux, plus faible.
Exemple concret
Exemple : un célibataire sans enfant déclarant 32 000 € de revenu net imposable a un quotient familial de 32 000 € (1 part). L'impôt par tranches s'établit à (29 579 − 11 600) × 11 % + (32 000 − 29 579) × 30 % ≈ 1 978 + 727 ≈ 2 705 €. Son revenu se situant dans la tranche à 30 %, son taux marginal (TMI) est de 30 %, alors que son taux moyen réel n'est que d'environ 8,5 % (2 705 € ÷ 32 000 €) — l'écart entre ces deux taux illustre bien la progressivité du barème. Pour un couple avec deux enfants déclarant le même revenu total de 32 000 €, le nombre de parts passe à 3 (2 + 0,5 + 0,5), le quotient familial chute à environ 10 667 €, situé dans la première tranche à 11 % : l'impôt du foyer tombe alors à une fraction du montant précédent, une fois multiplié par les 3 parts — une illustration concrète de l'effet du quotient familial sur les familles aux revenus modestes ou moyens.
Impôt sur le revenu et prélèvement à la source : deux choses différentes
Le prélèvement à la source (PAS), en vigueur depuis 2019, ne change rien au montant de l'impôt calculé selon le barème présenté ici : il n'en modifie que les modalités de paiement, en l'étalant sous forme d'un taux appliqué directement sur le salaire ou la pension chaque mois, plutôt que de le régler en une ou plusieurs fois l'année suivante. Ce taux de prélèvement, calculé par l'administration à partir de votre dernière déclaration, n'est qu'une avance sur l'impôt réellement dû au titre de l'année en cours : la déclaration de revenus effectuée chaque printemps permet de solder la différence, par un complément à payer ou un remboursement selon que le prélèvement a été insuffisant ou excédentaire.
Les limites de ce calculateur
Ce simulateur applique la méthode officielle de calcul par tranches, quotient familial et décote, mais ne modélise pas certains cas particuliers : la part supplémentaire du parent isolé, les demi-parts liées à une carte d'invalidité, les pensions alimentaires versées ou reçues, ni les nombreux crédits et réductions d'impôt (dons aux associations, emploi à domicile, investissements locatifs, etc.) qui peuvent réduire l'impôt final au-delà du résultat affiché ici. Pour une déclaration ou une décision fiscale, utilisez le simulateur officiel sur impots.gouv.fr.
Sources : service-public.fr, BOFiP, loi de finances pour 2026 — barème vérifié en juillet 2026. Détail et liens dans src/data/baremes-impot-2026.ts.
Questions fréquentes
C'est le revenu retenu par l'administration fiscale après abattements (par exemple la déduction forfaitaire de 10 % pour un salarié) : c'est le montant qui figure sur votre avis d'imposition, pas votre salaire brut ni votre salaire net perçu.
Le barème est progressif : seule la fraction de vos revenus qui dépasse le seuil d'une tranche est taxée au taux de cette tranche, les tranches inférieures restant taxées à leur propre taux (voire 0 %). Le taux marginal (TMI) ne s'applique donc qu'à votre dernier euro gagné, jamais à l'ensemble de vos revenus — c'est pourquoi le taux moyen réellement supporté est toujours inférieur au TMI.
Chaque demi-part liée aux enfants réduit votre impôt en abaissant le quotient familial utilisé dans le barème. Mais cet avantage est plafonné : au-delà d'un certain montant par demi-part, l'excédent est repris, ce qui limite le bénéfice du quotient familial pour les hauts revenus.
Non, uniquement aux foyers dont l'impôt brut (après plafonnement du quotient familial) reste sous un certain seuil. Elle réduit alors automatiquement l'impôt dû, sans démarche à effectuer — vous n'avez rien à demander.
Non. Ce calculateur estime l'impôt dû au titre de l'année, comme sur votre avis d'imposition final. Le prélèvement à la source n'est qu'une modalité de paiement anticipé de cet impôt (via un taux appliqué mois par mois) : il ne change pas le montant total dû, seulement son calendrier de règlement.
Non, ce calculateur simplifié ne modélise pas la part supplémentaire du parent isolé, les demi-parts liées à une invalidité, ni les autres crédits et réductions d'impôt (dons, emploi à domicile, etc.). Pour ces situations, utilisez le simulateur officiel sur impots.gouv.fr.