Comment fonctionne le barème kilométrique 2026 ?
Le barème kilométrique est un montant forfaitaire, publié chaque année par l'administration fiscale, qui permet d'évaluer les frais réels de déplacement professionnel sans avoir à conserver chaque facture d'essence, d'entretien ou de réparation. Il dépend de deux critères : la puissance fiscale du véhicule (en CV, visible sur la carte grise à la rubrique P.6) et la distance totale parcourue à titre professionnel sur l'année. Le barème 2026 est gelé pour la troisième année consécutive : les montants sont identiques à ceux de 2024 et 2025.
Le calcul n'est pas un barème « par tranche » comme celui de l'impôt sur le revenu : selon la distance totale parcourue dans l'année (jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, ou au-delà pour une voiture), une seule formule s'applique à l'intégralité du kilométrage, avec un taux au kilomètre qui diminue à mesure que la distance augmente (l'usure du véhicule étant proportionnellement moins coûteuse sur de longues distances). Les véhicules 100 % électriques bénéficient d'une majoration de 20 % du montant obtenu, en plus du barème normal.
Frais réels ou abattement de 10 % : l'arbitrage à faire
Par défaut, l'administration fiscale applique automatiquement une déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires déclarés, censée couvrir l'ensemble des frais professionnels (dont les frais de déplacement). Cette déduction est toutefois plafonnée et ne peut descendre sous un certain plancher. Un salarié peut, chaque année et pour l'ensemble de ses frais professionnels, renoncer à cet abattement forfaitaire et opter pour la déduction de ses frais réels — dont le barème kilométrique constitue généralement le poste principal, mais qui peut aussi inclure d'autres frais professionnels justifiés (matériel, double résidence, repas...).
L'option pour les frais réels n'est avantageuse que si leur montant total dépasse celui de l'abattement de 10 % : pour un salarié effectuant un trajet domicile-travail long ou de nombreux déplacements professionnels avec un véhicule personnel, c'est souvent le cas. À l'inverse, pour un salarié avec peu de déplacements, l'abattement forfaitaire reste généralement plus avantageux. Ce calculateur affiche les deux montants côte à côte dès que vous renseignez votre salaire net imposable, pour vous permettre de comparer directement.
Ce que couvre (et ne couvre pas) le barème forfaitaire
Le montant du barème kilométrique couvre forfaitairement la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d'entretien, les pneumatiques, la consommation de carburant et les primes d'assurance. En revanche, certains frais peuvent s'ajouter séparément au montant du barème, sans être inclus dedans : les intérêts d'emprunt pour l'achat du véhicule (au prorata de l'usage professionnel), ainsi que les frais de péage et de stationnement liés aux déplacements professionnels. Ce calculateur n'inclut pas ces frais additionnels éventuels.
Un barème spécifique pour les deux-roues
Les motocyclettes de plus de 50 cm³ et les cyclomoteurs disposent chacun d'un barème distinct de celui des voitures, avec des tranches de distance différentes (3 000 et 6 000 km, au lieu de 5 000 et 20 000 km) et des taux au kilomètre nettement plus bas, reflétant un coût d'usage généralement inférieur. Pour les motos, trois classes de puissance fiscale s'appliquent (1 ou 2 CV, 3 à 5 CV, plus de 5 CV) ; pour les cyclomoteurs (50 cm³ ou moins), un seul barème s'applique, quelle que soit la cylindrée. Comme pour les voitures, une majoration de 20 % s'applique aux deux-roues 100 % électriques.
Le cas particulier du trajet domicile-travail
Les frais de trajet entre le domicile et le lieu de travail sont en principe déductibles dans la limite d'une distance aller de 40 km (80 km aller-retour par jour), calculée par voie routière la plus directe. Au-delà de cette limite, la fraction excédentaire n'est déductible que si l'éloignement est justifié par des circonstances particulières (emploi du conjoint éloigné, absence d'offre d'emploi plus proche, etc.) ; à défaut de justification, seule la déduction jusqu'à 40 km est admise. Ce calculateur applique le barème à la distance totale que vous saisissez, sans vérifier cette limite : à vous de vous assurer que votre kilométrage professionnel respecte cette règle si une part importante concerne un trajet domicile-travail.
Sur le plan déclaratif, l'option pour les frais réels se fait en indiquant leur montant total (case 1AK et suivantes selon les membres du foyer) sur la déclaration de revenus, en lieu et place de l'abattement forfaitaire de 10 % appliqué par défaut : les deux options ne se cumulent jamais, il faut choisir la plus favorable pour l'ensemble de vos frais professionnels de l'année.
Exemple concret
Exemple : pour une voiture de 5 CV parcourant 12 000 km à titre professionnel dans l'année, le montant déductible se calcule avec la formule de la tranche intermédiaire (5 001 à 20 000 km) : (12 000 × 0,357) + 1 395 € ≈ 5 679 €. Pour un salarié dont le salaire net imposable annuel est de 28 000 €, l'abattement forfaitaire de 10 % s'élèverait à 2 800 € : l'option frais réels, ici nettement plus élevée, serait donc largement plus avantageuse.
Sources : service-public.fr, impots.gouv.fr, barème kilométrique — vérifié en juillet 2026. Plancher495 € / plafond 14 171 € pour l'abattement de 10 %. Détail et liens dans src/data/baremes-kilometrique-2026.ts.
Questions fréquentes
Comparez les deux montants : si vos frais réels (dont le barème kilométrique) dépassent l'abattement forfaitaire de 10 % calculé sur votre salaire, l'option frais réels est plus avantageuse. Ce calculateur affiche automatiquement les deux montants pour vous.
Sur votre certificat d'immatriculation (carte grise), à la rubrique P.6 (« puissance fiscale »), exprimée en CV.
Oui. Le barème forfaitaire couvre l'ensemble des frais liés à l'usage du véhicule : dépréciation, réparations, entretien, pneumatiques, carburant et assurance. Seuls certains frais exceptionnels (intérêts d'emprunt pour l'achat du véhicule, frais de péage et de stationnement) peuvent s'ajouter séparément, en plus du barème.
Non pour le montant du barème kilométrique lui-même (il est forfaitaire), mais vous devez pouvoir justifier la réalité et le nombre de vos déplacements professionnels (distance domicile-travail, trajets professionnels) en cas de contrôle.
Le barème kilométrique concerne les frais réels des salariés (et de certains professionnels relevant des BNC). Les auto-entrepreneurs relevant du régime micro ne déduisent pas de frais réels : leurs charges sont déjà couvertes par l'abattement forfaitaire propre à leur régime, distinct de celui présenté ici.